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En 2003, l’obtention de neuf permis additionnels a consolidé vers le sud-ouest jusque dans la région du Témiscouata le domaine minier de Squatex. Au total à la fin juin 2003, Squatex possédait un domaine minier qui totalisait 18 permis sur une superficie totale de 362 648 Ha (voir figure 1)

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Figure 1 : Étendue des permis d’exploration de Squatex à la fin de juin 2003

La tâche suivante de Squatex a été de mandater, à l’automne 2003, Paul Laroche, ing, géo, de Roche Ltée Groupe Conseil pour élaborer, coordonner ou effectuer et superviser tous les travaux d’exploration pétrolière et gazière sur ses permis de recherches.

La première partie du travail a consisté à acquérir et compiler les données géoscientifiques disponibles dans la région. Tous les dossiers publics qui traitent de la géologie pétrolière et structurale ont été consultées. Une bonne partie de ceux-ci provient de documents publiés par l’INRS et la Commission Géologique du Canada. Les dossiers des huit puits pétroliers qui ont été forés dans la région entre 1957 et 2002 ont été intégrés à l’étude et ont permis de mieux comprendre la complexité géologique et structurale des terrains sous permis.

Ainsi, cette région possède les éléments de base qui sont recherchés pour les réservoirs pétroliers. Les travaux de l’INRS-Géoressources ont démontré la présence de roches mères, de roches réservoirs et de roches couvertures, éléments fondamentaux pour la recherche et la découverte d’accumulations de pétrole et de gaz.

Toutes les lignes sismiques disponibles ont été acquises et interprétées. Ainsi, le profil SQX 2002-L-01 a été intégré aux lignes acquises par le ministère dans la région, soient les lignes MRN2001-02, MRN2000-08, MRN2000-03, MRN2000-04, MRN2000-06 et la MRN2001-04 totalisant 136 km de profils. L’interprétation sismique demeure l’outil principal pour déterminer des structures fermées pouvant capter les hydrocarbures.

Lors de l’interprétation des profils, on remarqua que le traitement sismique effectué par CGG-Veritas sur la ligne SQUATEX-2002-L-I donna des résultats très supérieurs à celui obtenu par GAPS (Geophysical Processing Services Ltd) sur la ligne MRN2002-02 localisé à seulement 10 km plus à l’est (figure 2). Suite à cette constatation, un retraitement des données du ministère par CGG-Veritas fut commandé par Squatex sur la moitié sud du profil MRN2001-02. Les résultats ont été sensiblement améliorés et ont permis de reconnaitre et de mieux définir l’extension des prospects identifiés sur la ligne de Squatex.

L’auteur, M. Paul Laroche, ing, geo du Groupe Roche, indique que « l’examen des lignes sismiques a grandement aidé à mieux comprendre le contexte structural de la région et à définir des zones d’intérêt qui pourront être investiguées dans le futur ». La quantité restreinte de données sismiques n’a pas pu définir le potentiel de toute la propriété mais montre que des zones propices seraient présentes dans le secteur EST des propriétés (voir la figure 2).

L’auteur a relevé quatre zones anomaliques (A, B, C et D) et trois zones d’intérêt (E, F, G). Il recommande d’acquérir 68 km de sismique additionnelle afin de tenter de démontrer la présence d’autres prospects dans la partie EST et de poursuivre la reconnaissance des territoires vers l’ouest (zone F). Il recommande le forage de 2 puits stratigraphiques en carottage continu au dessus des anomalies A et D. Les coûts reliés aux travaux envisagés étaient estimés à 600 000$ (achat de 55 km d’ancien profils sismiques et 2 sondages).

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Figure 2 : Zones d’intérêt dans les propriétés du Bas St-Laurent-Gaspésie

En 2004, Squatex s’est associé à Junex, Gastem, le MRNF et la Commission Géologique du Canada afin d’acquérir un relevé aéromagnétique de haute résolution de grande envergure au-dessus de la partie nord de la Gaspésie. Les informations tirées de ce relevé ont été très utiles pour aider à la compréhension de la géologie structurale de surface à l’extrémité est des permis. Ce type de levé s’avère très utile dans les régions ou la maturité de l’exploration pétrolière est peu avancée.

C’est aussi en 2004 qu’un retraitement spécial a été commandé à CGG-Veritas sur la partie sud du profil MRN2001-02. Ce traitement sismique d’inversion de type AVO (Amplitude vs Offset) a permis en traitant séparément les traces lointaines puis les traces proches pour les comparer, de faire ressortir des zones de porosité apparente contenant possiblement des fluides dans la partie centrale du profil.

En février 2005, un rapport préliminaire pour l’implantation du forage stratigraphique sur la zone principale de porosité apparente a été présenté par Paul Laroche, ing, geo, devenu consultant indépendant (Squatex Mitis No. 1). Ce document présentait les données de base pour préparer l’implantation d’un forage stratigraphique visant à reconnaître les possibilités de présence et d’accumulation d’hydrocarbures dans les

séquences récifales de base du Silurien de la région de la rivière Mitis, vis-à-vis l’extension possible de la faille Shickshock-sud dans le Bas Saint-Laurent.

Le site choisi a été déterminé suite à la revue en profondeur de la géologie de surface compilée à l’aide de diverses données couplées à des images satellites ainsi que suite à l’analyse du signal sismique retraité en AVO du profil sismique MRN2001-02 (voir figure 3). La localisation recommandée se situait au point de vibration 1205 du profil sismique MRN2001-02, approximativement à mi-chemin entre les anomalies A et B de la figure 2.

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Figure 3 : Localisation proposée pour le forage Squatex Mitis No.1 en février 2005. 

En mars 2005, un rapport conjoint sur l’évaluation pétrolière de la région au sud de Rimouski été soumis par MIR Télédétection Inc et Paul Laroche consultant (voir encadré bleu montrant la zone étudiée sur la figure 4). Le but était de réaliser une évaluation détaillée du potentiel en hydrocarbures des permis du secteur et de revoir la géologie de surface qui semblait quelque peu défaillante par endroits.

À cet effet, l’intégration et l’analyse de données de télédétection (images LANDSAT et SPOT), d’aéromagnétique, de gravimétriques, de sismique et de géochimie a été réalisée afin de relever les principaux mécanismes d’ordre tectonique qui ont engendré les structures géologiques et de déterminer les secteurs qui pourrait présenter un intérêt d’ordre pétrolier.

Cette étude a permis de mieux définir les axes géologiques et les effets des forces tectoniques qui ont affecté la région et par conséquent de mieux cibler les zones ayant

un potentiel pétrolier. La spatiocarte géologique générée propose une nouvelle réflexion quant aux mécanismes de déformation ayant contribué au style tectonique du territoire analysé. Le centre de la région d’étude est caractérisé par un important morcellement des unités géologiques et les connaissances acquises ont permis d’orienter l’interprétation géophysique.

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Figure 4 : Zone étudiée en mars 2005 : Évaluation pétrolière de la région au sud de Rimouski par MIR Télédétection Inc et Paul Laroche consultant. 

L’interprétation des profils sismiques du Ministère et de ceux de SQUATEX a aidé à identifier les grands axes synclinaux et anticlinaux ainsi que les zones de failles importantes, particulièrement dans la partie EST de la propriété de SQUATEX. Du point de vue pétrolier, les résultats obtenus ont permis de partager la moitié EST de la propriété en différentes zones d’intérêt (A à G sur la figure 2) selon le genre d’anomalies rencontrées ou selon l’environnement particulier de déposition des sédiments, ceci afin de mieux cibler la poursuite de l’exploration de la région.

Le nouveau traitement en AVO de la ligne MRN2001-02 a montré que des zones poreuses probables observées sur la sismique peuvent être comparées à l’affleurement de dolomie hydrothermale (HDT) contenant des traces d’hydrocarbures (Formation de Sayabec) qui affleure près de St-Cléophas. L’approche utilisée a été habile puisque ce type de réservoir est le plus prometteur dans cette région. Suite aux résultats d’interprétation des données sismiques, des cibles d’exploration ont été identifiées à l’intérieur d’un triangle délimité par des zones de failles probables, dans la partie nord-est des permis. Le retraitement sismique pour l’analyse de fluides a permis de confirmer le potentiel de deux cibles identifiées lors de l’analyse des données sismiques initiales. La réalisation d’un programme d’acquisition de nouvelles lignes sismiques d’une longueur de 45 km a été recommandée à l’ouest de La Rédemption afin de vérifier l’interprétation de failles normales possibles de direction nord ouest qui pourraient également agir comme fermetures des deux cibles identifiées A et B lors de l’étude précédente en 2003 (voir figure 5 ainsi que la figure 2 précédente).

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Figure 5 : Lignes sismiques recommandées en mars 2005 

Suite à cette recommandation, Squatex a acquis à l’été 2005, deux lignes sismiques de longueur moindre que celles suggérées au départ (19,3 km vs 45 km) à cause de budgets restreints. Elles avaient une longueur respective de 10,3 et 9,0 km (voir figure 6). L’acquisition fut effectuée par Conquest Geophysical de Calgary et le traitement fut accompli par CGG-Veritas de Calgary. L’interprétation de ces nouvelles lignes sismiques effectuée à l’automne 2005 a confirmé la localisation du site de forage proposé.

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Figure 6 : Lignes sismiques acquises à l’été 2005.